Boudewijn Walraven, professeur d’études coréennes à l’université de Leyde (Pays-Bas), en réponse au billet de Robert Darnton “The Library in the New Age“, analyse la persistance de l’usage des formes en bois gravé pour l’impression de livres jusqu’au XIXe siècle, face aux caractères mobiles.
[...] the Princeton librarian Martin Heijdra has calculated that movable type as it was used in Asia was less economical than woodblock printing [...]
Woodblock printing had the added advantage that it also lent itself to printing on demand. An eighteenth-century Korean gentleman who wanted a particular book would consult a printed catalog that stated where the blocks for that title were kept (in special, well-aired storage facilities in local government offices, private academies, temples, etc.), and send a servant to have a single copy made. This meant that these titles never ran out of stock.
[...] Martin Heijdra, bibliothécaire à Princeton a calculé que la typographie à caractères mobiles telle qu’elle était utilisée en Asie était moins économique que la gravure sur bois [...]
La gravure sur bois avait aussi l’avantage de se prêter à l’impression à la demande. Un gentilhomme coréen du XVIIIe siècle qui voulait un livre donné pouvait consulter un catalogue imprimé qui établissait où les formes d’impression de ce titre étaient conservées (dans des entrepôts spéciaux, bien aérés [?], d’administrations locales, d’académies privées, de temples, etc.), et envoyer un serviteur pour faire faire un exemplaire. Ainsi ces titres n’étaient jamais épuisés.
Une discussion intéressante sur l’opportunité de conserver et diffuser économiquement des documents en fonction du coût de recomposition (fortement lié évidemment à la complexité du système d’écriture : une casse d’alphabet romain est bien plus simple qu’une casse chinoise…) et de l’accessibilité à des originaux.
Cela évoque bien sûr les discussions à propos des fonctionnalités des liseuses et du texte fluide : est-il économique aujourd’hui d’embarquer
- une typothèque riche (UTF-8 ou 16),
- un moteur de composition,
- les feuilles de style appropriées pour composer à la volée des exemplaires d’ouvrages adaptés aux écrans de tout type,
- la puissance de calcul,
- la batterie
qui permettent d’exploiter rapidement ces outils de base ?
C’est le fond de la discussion et du projet de Bill Hill d’obtenir des standards autorisant un accès respectueux des acquis typographiques et des projets éditoriaux. Cela ne pose guère de problème dans le monde des ordinateurs (ultra-)portables, mais c’est encore un souci pour les liseuses.
Alors, .epub amélioré ? ou .pdf pour Acrobat Reader en attendant que la technologie des batteries fasse de nouveaux progrès et que capacité mémoire et systèmes d’exploitation du “web des objets” aient rejoint la sophistication des ordinateurs ?
Une réflexion que François Bon mène méthodiquement avec ses expérimentations concrètes pour publie.net autant que pour sa vie de lecteur.
[MAJ 1er août 2008] Les lecteurs curieux de l’impact économique et social induit par la révolution de la typographie à caractères mobiles en plomb pourront meubler leurs loisirs pendant le relatif calme du mois d’août en consultant
- la monumentale étude de Pratchett, Terry The Truth, [DiscWorld annals t. XXV], Black Swan, 444p., ISBN 9780552147682
(traduit en français sous le titre La Vérité, Paris, Atalante, 2005, 416p., ISBN 2841722996) - ou dans un genre plus léger le roman de Bruno Rives autour d’Aldus Manutius, Aldo Manuzio, passions et secrets d’un Vénitien de génie, Paris, Librii, 2008, 324p. ISBN 9782953164503





La campagne de reproduction des manuscrits médiévaux en Aquitaine menée par l’




